Centralité de la musique et du jardin d’enfants

C’est la vérité ! La musique est au cœur de notre existence. La musique accompagne les rites fondamentaux du passage de la vie, tout comme elle coordonne et marque le rythme des processus de travail.

A travers des formes musicales expressives, l’homme communique avec les réalités terrestres mais aussi avec les forces suprasensibles de l’autre monde. La musique est l’art de l’époque. En tant que tel, il vit de la mémoire et du pressentiment. Dans le passé, de successions d’accords et d’amendements. Elle renvoie à une interaction avec le monde, l’histoire de l’homme, la nature, la dimension de l’espace et du temps. Retrouvez dans cette page les informations sur les jukebox.

Du point de vue de la communication, la musique ne se limite pas à l’oreille. Il relie l’oreille à l’œil, au corps, à l’esprit, au mouvement, à l’émotion dans une toile continue d’araignée perceptive et sensorielle. La musique, c’est aussi la chair de poule ! Et elle ne se limite pas aux connexions avec le monde extérieur, mais aussi avec le monde intérieur.

“Le monde est sain” est dit dans l’hindouisme. “La musique est une vibration originale par laquelle toute l’existence est appelée à la vie. Selon la doctrine liée au culte du Yehweh en Afrique de l’Ouest, au début il y avait le son original hu (hu-dze-ngo).

La musique est l’essence primordiale et la force originelle du cosmos et de la vie. L’essence primordiale, l’océan de la musique, est ha-yo, et la force originelle “le créateur de cet océan”, est ha-to.

Selon la manière tibétaine de voir les choses, “la religion est saine”. “Tous les sons sont des prières” (Dilgo Khyentsé Rinpoché). Dans la tradition chrétienne, la musique est, selon Martin Luther (1483-1546), la seule à côté de la parole divine ; elle est la dame et le gouverneur des sentiments humains. Pour Johan Gottfried Herder (1744-1803), le langage du son est un “langage magique des sensations”. Selon Arthur Schopenhauer (1788-1860), la musique était une expression de la volonté, et encore dans Franz List ((1811-86) et Richard Wagner (1813-83) l’idée de musique continue à agir dans le sens d’un discours sonore d’une matrice sacrée, grâce à laquelle le génie du musicien parvient à révéler l’essence intime du monde. “Pour certains, la musique est comme la viande, pour d’autres c’est comme la médecine, pour d’autres c’est comme un ventilateur (ce qui apporte la fraîcheur)”. (Mille et une nuits).

“Sans musique, la vie serait, selon Nietzsche (1844-199), “une erreur”. Igor Stravinsky (1882-1971) considère que le phénomène musical a pour but premier de créer un ordre entre l’homme et le temps.

De ces paroles, si hautes, de toutes ces citations, nous obtenons une perception claire de ce que la musique a signifié dans l’histoire humaine et ce qu’elle signifie dans notre vie quotidienne. Nos vies sont marquées par la présence continue des sons.

A imprégner les temps de notre flux incessant. Même si ce n’est pas toujours le cas et que tout le monde n’en est pas conscient.

Il s’agit alors de donner aux hommes et aux femmes de demain le don du son et de la conscience musicale. La conscience de la valeur, de la centralité, de la profondeur intrinsèque de la musique dans notre culture. À partir de maintenant. En commençant par la première école.

Considérations (peut-être) utiles pour éduquer les enfants à la musique préscolaire

La musique et les enfants. Les tout-petits. Quels objectifs nous guident ? Quelles fins nous orientent ?

Il existe certainement une compatibilité entre l’éducation musicale et l’éducation musicale. Il s’agit de savoir, mais surtout d’amour et de passion pour la musique. Nous visons à créer cette sensibilité intérieure particulière vers les sons produits par les instruments de musique, les voix, l’alternance des silences et des notes.

Il existe une perspective de formation qui vise à développer de nombreuses compétences liées au domaine spécifique de la musique. En particulier, c’est un horizon d’engagement et d’intentionnalité définie projetée vers l’acquisition de compétences, de capacités, de sensibilité musicale.

Cette plate-forme programmatique poursuit finement un but précis et ciblé, spécifique et défini, et s’oriente vers l’éducation des enfants qui manifestent de l’intérêt, de l’inclination, du désir, du talent pour la musique et/ou l’esthétique musicale ou des aspects particuliers de leur monde. Certes, la combinaison, l’apprentissage d’un instrument, de la grammaire musicale à travers diverses méthodes ludiques permet, si elle est sérieusement menée, d’éduquer à aimer la musique à travers elle. Ce qui est à la fois un moyen, un outil et une fin.

Mais, si l’on parle d’une approche personnalisée du son et de la musique pour tous les enfants de deux, trois, quatre, cinq ans, les formations peuvent être pensées avec un design différent. Le scénario devient un hologramme. Les discours, les mots, le corps, l’espace, le temps, l’ordre, l’ordre, la mesure se succèdent, se poursuivent, se connectent. Et la musique se fait, se lit, s’apprend à aimer dans une perspective d’expérience en relation avec d’autres langues et d’autres codes. Il n’existe plus de structure formelle préétablie à laquelle les garçons et les filles doivent s’adapter mécaniquement. Il ne s’agit plus d’un ensemble complet d’activités éducatives prédéterminées à transférer à la situation dans un ordre chronologiquement prédéterminé. Les sons, la musique, les pièces à écouter, à chanter, à interpréter, les sons à produire, à écouter, à lire, à lire, à apprécier représentent plutôt “une dimension de l’expérience du sujet dans sa rencontre avec les autres et avec le monde”. Des garçons et des filles qui vivent l’aventure de la découverte dans toute sa subjectivité. La découverte d’un “multivers” qui contient la vie et la joie, les sons et les couleurs et les pensées, les mots, le rythme et le silence….

Nous nous trouvons dans un environnement éducatif appelé “jardin d’enfants”. Montaigne écrit que nous sommes ce que nous sommes, mais aussi ce que nous pouvons être. Et la tâche des adultes est d’offrir aux enfants une grande opportunité de croissance et de développement qui leur donne des identités fortes, une autonomie de mouvement et de pensée, des compétences fortes, “à travers une pluralité de formes et de significations culturelles qui naissent de la manière même dont ils sont stimulés pour réfléchir sur les expériences de chacun.

De ce point de vue, le jardin d’enfants est un lieu de narration des formes et des significations culturelles, qui permet d’intégrer culture et expérience, concept et situation, générale et particulière. Nous partons (aussi pour l’approche de la musique) de l’expérience de chacun et nous y revenons avec des -théories- plus riches et plus articulées, pour ensuite recomposer le tout unitairement, dans une spirale qui reste toujours ouverte et unitaire. S’il est donc vrai que chaque champ d’expérience présente des résultats éducatifs particuliers, des parcours méthodologiques et d’éventuels indicateurs spécifiques de vérification, il n’en est pas moins vrai qu’il implique aussi le dépassement de ses propres frontières et que, avec une pluralité de sollicitations et d’opportunités, il exige des connexions spontanées et systématiques avec toutes les autres.

L’horizon culturel qui distingue notre époque (contemporanéité) vit de ramifications, d’imbrications, de connexions, de contaminations. La contamination semble avoir généré la culture littéraire, musicale et artistique des trente dernières années du siècle dernier. Pensez à la façon dont la peinture, la sculpture, les arts visuels, qui se contaminent les uns les autres et avec les nouvelles technologies, ont développé de nouvelles formes et de nouvelles voies artistiques. De même, la musique a vu proliférer des inventions qui puisaient leur origine dans le mélange ou l’influence de styles et de genres musicaux du passé. La contamination entre les différents genres artistiques a produit de l’art. La contamination des connaissances produit des connaissances.

“Le pluralisme de l’époque moderne permet à de nombreuses sociétés de coexister avec des styles et des modes musicaux “non contemporains” : berceuses et chants pour enfants, musique rituelle traditionnelle, chants grégoriens aux côtés de la musique de la Renaissance jouée avec des instruments anciens, théâtre kabuki japonais et musique festive de la Chine ancienne.

Opéra, classique, musical, populaire, léger, pop, country, soul, gospel, blus, blus, jazz, rock, high-life, heavy metal, hip-hop, rap et clips musicaux-vidéo MTV, ethno-pop et new age, muzak, cyber space music et plusieurs autres adresses stylistiques sont disponibles simultanément (…). (op.cit.)

Un menu aussi immense rend possible une infinité de parcours hybrides, métissés, de mélanges de genres, de styles, de façons de faire de la musique. Et de mélanger la musique avec d’autres arts (cinéma, théâtre, danse, performance, installations, pour n’en citer que quelques-uns).